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Oui, l’Ecole coûte cher !

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Nos décideurs publics se moquent-ils de l’avenir de la Nation ? Ils s’en gaussent. Où en est l’École en 2026 ?

Si nous souffrons tant depuis 30 ans, c’est que tout s’est dégradé faute d’investissement : salaires, moyens, nombre d’heures de cours par classe, disparition progressive des options. De 7h de français en 6è en 1980, on en est à 4,5h. Le latin et l’allemand sont attaqués de toute part, les LV3 ont disparu, le grec est un lointain souvenir. « Tout cela coûte trop cher ! » dit-on.

Le SNALC revendique des conditions de travail dignes pour les professeurs et un climat scolaire respectueux de la transmission des savoirs. A commencer par notre rémunération, la clef de voûte de l’édifice. L’OCDE est formelle : plus on paye les profs, plus les élèves réussissent. Nos conditions de travail sont les conditions d’études de nos élèves. Augmentez les profs ! 1 000 euros net par mois. Il manque à l’Éducation 1% de PIB par an pour être dans les standards de l’OCDE : 29 milliards par an.

Le climat scolaire rend aussi notre métier impossible : attitude d’élèves sans aucune éducation, et complaisance d’une partie de notre hiérarchie envers des débordements inacceptables. Dans le confort de leur bureau, les voilà dérangés par des professeurs qui leur demandent de l’aide. Au lieu d’agir et de sanctionner, on sermonne les professeurs, on veut les rendre responsables de la situation ! Pourtant la discipline, ça coûte zéro ! Mettons tous ces gens devant les classes, cela rapportera gros.

Aux procès en passéisme, le SNALC répond : OUI, c’était mieux avant, quand la massification se faisait avec des moyens et des chefs qui soutenaient les professeurs, quand l’inclusion s’appelait « enseignement spécialisé » avec ses propres établissements et un personnel formé. Là, on luttait contre le déterminisme social et culturel.

L’argent permettra toujours de renouveler l’élite et de faire tourner l’oligarchie. Or le reste de la population devient inculte, tout comme une partie de nos collègues se réfugiant dans le silence ou des combats sans rapport avec l’École. Le SNALC dénonce cette situation. Certains disaient : « Essayez l’ignorance ? ». On y est.


                                                                                         Arnaud Fabre, responsable académique Snalc-Paris

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