Alors qu’un éventuel retour à la semaine de 4 jours dans les écoles parisiennes est en discussion, le SNALC Paris a lancé une enquête afin de connaître la situation des personnels en matière d’information et de consultation, mais aussi de recueillir leur avis sur les rythmes scolaires. Les réponses sont nettes : la semaine de 4 jours est largement plébiscitée !
Une préférence nette pour le retour à 4 jours
85,6% des répondants souhaitent 4 jours d’école. Seul 12,9% souhaitent conserver les 4 jours et demi et 1,5% sont sans opinion.
Quelle organisation scolaire souhaitez-vous ?
Les raisons avancées sont notamment organisationnelles et pédagogiques. Les commentaires évoquent surtout la fatigue des élèves et des enseignants, les journées longues et la difficulté à distinguer temps scolaire et périscolaire. Voici ce qui revient le plus souvent.
Pourquoi ? Thèmes les plus cités dans les commentaires :
A 15h, personne ne part
Les temps d’activités périscolaires devaient alléger les journées. Les enseignants constatent l’inverse : presque aucun enfant ne quitte l’école à 15h les mardis et vendredis, et beaucoup restent jusqu’à 18h. À cela s’ajoutent la qualité inégale des activités, le renouvellement des animateurs et le partage des salles de classe.
« Les élèves font 50 heures par semaine à l’école (8h30-18h30, 5 jours par semaine pour certains), parce que bien sûr aucun élève ne sort à 15h les mardis et vendredis »
La fatigue, surtout le jeudi
La fatigue se concentre sur le jeudi. Après trois jours d’affilée, les élèves sont nerveux le matin et épuisés le vendredi. Les adultes aussi : des collègues expliquent qu’une pause au milieu de la semaine aide à tenir, et à éviter les arrêts maladie.
« Fatigue des élèves et des enseignants / jeudi NOIR ! »
« Une pause est nécessaire dans un métier hyper énergivore ! »
Le mercredi : repos ou vraie journée de loisirs
Pour les partisans des 4 jours, le mercredi est un temps de repos pour les enfants et de préparation pour les enseignants. C’est aussi l’occasion de laisser au centre de loisirs une journée entière pour de vrais projets et des sorties, ce que les demi-journées ne permettent pas. Certains animateurs partageraient d’ailleurs ce souhait.
« Pause du mercredi essentielle pour les enfants et les adultes. »
En maternelle, des petits qui ne se repèrent plus
Journées longues puis courtes, adultes qui changent, règles différentes selon l’animateur : les plus jeunes ne savent plus quel moment de la journée vient, ni quel adulte s’occupe d’eux. Les enseignants de maternelle décrivent des enfants désorientés, parfois en larmes.
« Les élèves ont du mal à se repérer dans les différents temps, ils sont plus fatigués et moins disponibles. »
« Pleurs tous les mardis et vendredis car ils croient qu’on les envoie au goûter … »
Une information qui ne garantit pas la consultation
88,1% des répondants déclarent avoir été informés de la réflexion en cours, mais rarement par la Ville ou l’institution. Pour un quart d’entre eux, le syndicat est la seule source d’information.
Avez-vous été informé de la réflexion ?
Comment avez-vous été informé de la réflexion ? (Parmi les personnes informées)
Mais être informé ne signifie pas avoir été consulté. Plus de la moitié des répondants (57%) disent n’avoir pas été personnellement consultés par personne. Ceux qui l’ont été citent presque toujours un syndicat, parfois des parents, la convention citoyenne de Paris ou des élus. Aucun ne cite la Ville, le rectorat ou la circonscription. Pourtant, 84% des personnes jamais consultées souhaitent le retour à 4 jours.
Avez-vous été personnellement consulté ?
« Non, personne ne m’a demandé mon avis. »
« Je n’ai malheureusement pas été consulté, si ce n’est discussion avec mes collègues pour la semaine de 4 jours à l’unanimité. »
Le conseil d’école : une visibilité encore limitée
La moitié des participants ne sait pas si les rythmes scolaires feront l’objet d’un point à l’ordre du jour et d’un vote à leur prochain conseil d’école. Comment les personnels peuvent-ils prendre part à une décision qui aura des conséquences directes sur leur organisation de travail et sur la vie des écoles ?
Un point et un vote sont-ils prévus au conseil d’école ?
« Il y a un tabou sur cette question de la part de la Mairie, qui empêche d’en dialoguer au niveau des conseils d’école et notre parole n’est absolument pas entendue. »
Le ressenti sur la situation des écoles parisiennes
Plus de la moitié des PE qui ont répondu ont partagé leur ressenti et le constat est sévère : « catastrophique », « chaotique », « de pire en pire ». Quatre thèmes reviennent : l’épuisement des équipes, un climat scolaire dégradé, des moyens insuffisants et le sentiment de ne pas être écouté. Cette distance entre les équipes et la décision pèse sur ce ressenti général.
« Un épuisement généralisé générateur de problèmes, d’accidents, de tensions »
« Très difficilement tenable. 27 élèves par classe. Doubles niveaux. Beaucoup d’inclusions. Pas de remplaçants »
« Les enseignants ne sont pas entendus depuis des années. »
L’ensemble de ces réponses va dans le même sens que les résultats de l’enquête nationale du SNALC sur les rythmes scolaires, largement favorable à la semaine de 4 jours.
La position du SNALC
Pour le SNALC, les rythmes scolaires ne peuvent être décidés sans prendre en compte la parole des personnels qui vivent quotidiennement les réalités et les difficultés du terrain.
Le SNALC revendique :
– La semaine de 4 jours comme règle, les 4,5 jours devant rester dérogatoires.
– La consultation de tous les PE et une information officielle, écrite, adressée à chaque école.
– Le respect de l’avis du conseil d’école en matière de rythmes scolaires, avec un retour des résultats aux équipes.




